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Nouvelles canadiennes

D’Ebadi à Mohammadi, une ode au courage des femmes iraniennes

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Il y a vingt ans, l’avocate Shirin Ebadi défiait depuis Oslo le pouvoir conservateur iranien, en se présentant sans hijab pour recevoir son prix Nobel de la paix. Narges Mohammadi, de son côté, ne pourra pas se permettre un tel camouflet envers la République islamique : la nouvelle gagnante, récompensée vendredi 6 octobre, purge depuis 2021 une énième peine dans la section des femmes de l’abominable prison d’Evin à Téhéran. : vingt-cinq ans de réclusion pour son engagement contre le voile obligatoire et la peine de mort.

À deux décennies d’intervalle, les destins de ces combattants se lisent en miroir. Narges Mohammedi, 51 ans, est vice-présidente de l’organisation fondée par Shirin Ebadi, 76 ans, le Centre des défenseurs des droits de l’homme.

« En prison, Narges est le porte-parole du centre. Il est la seule personne de l’organisation actuellement en Iran, explique Karim Lahidji, ancien président de la Fédération internationale des droits de l’homme. Elle est plus que courageuse et prend des risques en envoyant des lettres, en donnant des interviews depuis sa prison, pour exiger l’installation d’un régime laïc et démocratique à la place d’un régime bureaucratique et clérical. »

S’il s’inscrit dans la continuité du combat pour la liberté, ce deuxième prix décerné à un militant iranien révèle un sentiment d’urgence face au joug du pouvoir. « Il y a vingt ans, ce prix s’adressait évidemment, implicitement, aux réformateurs iraniens, il y avait une forme d’espoir, les gens n’étaient pas encore désespérés », estime le militant.

Aujourd’hui, il envoie un message essentiel au mouvement Femmes, Vie, Liberté : qu’une deuxième Iranienne – alors que peu de femmes l’ont reçu – le mérite. «Sa portée, à la lumière du mouvement de contestation, a une importance symbolique encore plus intense qu’il y a vingt ans, ajoute Azadeh Kian, franco-iranien, professeur de sociologie à l’université de Paris, directeur du Cedref. Ce prix est aussi pour toutes ces femmes qui se battent, pour celles qui sont mortes, et pour cette jeune fille, Armita Garawand,entre la vie et la mort. Cela renforcera leur résistance. »

Les disciples de Shirin Ebadi, Narges Mohammadi et les jeunes femmes iraniennes poursuivent leur lutte sur un registre plus radical, qui implique parfois des sacrifices. Selon le comité Nobel, le journaliste a été arrêté 13 fois et condamné cinq fois à un total de trente et un ans de prison et 154 coups de fouet. «Cela fait plus de huit ans que je n’ai pas vu Kiana et Ali pour la dernière fois, et cela fait plus d’un an et demi que je n’ai même pas entendu leurs voix. C’est une douleur insupportable et indescriptible. écrit-elle dans une interview à l’Agence France-Presse, à propos de ses jumeaux de 17 ans, qu’elle a contraints à l’exil à Paris, avec son mari, pour les protéger.

Contrairement à Shirin Ebadi, qui a choisi de manière déchirante l’exil – elle vit à Londres depuis 2009 – Narges Mohammadi a toujours refusé de quitter son pays, et même d’échapper à l’incarcération. « Narges Mohammadi a eu l’occasion de s’excuser, de se rétracter, elle aurait pu quitter l’Iran, dit Azadeh Kian. Nous le lui avons proposé parce qu’elle dérangeait, mais elle a dit : « Non, je ne sors pas de prison, je ne reviens pas sur ce que j’ai dit ». »

Si le prix Nobel de la paix permettait à Shirin Ebadi de promouvoir la cause à travers le monde, quel effet cela aurait-il sur la détention de Narges Mohammadi ? « Je pense que nous accordons une double attention à quelqu’un qui obtient ce prix prestigieux. Mais je doute que cela aboutisse à sa libération, estime Azadeh Kian. En tout cas, c’est son combat qui compte, pour qu’il n’y ait plus jamais de prisonniers politiques en Iran. Être libérée n’a jamais été un problème pour elle, elle s’en fiche. »

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