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Nouvelles canadiennes

Dans les coulisses des décisions de la Banque du Canada

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À l’approche de la prochaine décision de la Banque du Canada concernant ses taux directeurs, d’anciens sous-gouverneurs qui étaient autrefois à la table des délibérations donnent un aperçu de l’exercice d’équilibre auquel le conseil d’administration se soumet huit fois par an.

A chaque fois, ses six membres décortiquent la situation économique du pays et de la communauté internationale pour prendre une décision qu’ils tentent ensuite de justifier auprès des analystes financiers, des politiques et surtout auprès de la population.

Souvent les choses ne sont pas simplesnote Paul Beaudry, qui a été gouverneur adjoint de la Banque du Canada et membre du conseil d’administration pendant plus de quatre ans avant de tirer sa révérence en juillet dernier.

L’économiste, aujourd’hui professeur à l’Université de la Colombie-Britannique, affirme que les membres des conseils d’administration sont fréquemment confrontés à des indicateurs économiques qui vont dans des directions opposées.

Dans sa plus récente décision (Nouvelle fenetre)la Banque du Canada s’est par exemple déclarée préoccupée par la persistance des pressions inflationnistes, ce qui laisse entrevoir une potentielle hausse du taux directeur pour ramener l’inflation dans sa fourchette cible de 1 à 3 %.

Rappel :

Le mandat de la Banque du Canada est avant tout de maintenir l’inflation à un faible niveau. niveau faible, stable et prévisible. Son objectif est fixé à 2 %, mais la banque centrale tolère des hausses de prix de 1 à 3 %. Ce mandat, qui n’a pratiquement pas changé depuis 30 ans, est réévalué tous les cinq ans par le gouvernement fédéral.

Parallèlement, l’économie canadienne montre des signes de ralentissement et un nombre croissant de ménages et d’entreprises sont confrontés à des problèmes d’insolvabilité, notamment en raison des coûts d’emprunt élevés.

Des centaines d’économistes regroupés dans les quatre principaux départements suivants de la Banque du Canada :

  • Analyse canadienne
  • Analyse internationale
  • Analyse des marchés financiers
  • Stabilité financière

Leur rôle est d’identifier ces indicateurs.

Fondée en 1935, la Banque du Canada emploie plus de 2 000 employés. (Photo d’archives)

Photo : La Presse Canadienne / Sean Kilpatrick

Leurs analyses alimentent largement les délibérations du conseil d’administration.

Chacun (des membres) mettra en avant certains éléments qu’il considère comme plus importants. (…) Au final, ce sont les arguments les plus convaincants qui l’emportentindique M. Beaudry.

Une approche différente des États-Unis

Parallèlement à chaque décision, le conseil d’administration se réunit à quelques reprises, parfois pendant de longues heures, pour réfléchir.

M. Beaudry souligne que lorsqu’il siégeait à la table décisionnelle, les débats se déroulaient toujours dans un environnement sain où les divergences d’opinions menaient rarement à une impasse.

Portrait de Paul Beaudry.

Paul Beaudry a été sous-gouverneur de février 2019 jusqu’à sa retraite de la Banque du Canada en juillet 2023.

Photo : Banque du Canada

Compte tenu du processus décisionnel actuel, les membres du conseil d’administration sont quelque peu condamnés à être d’accord.

Contrairement au comité responsable de la politique monétaire américaine, le conseil d’administration de la Banque du Canada ne vote pas pour fixer le taux directeur. Les membres prennent la décision collectivement et parlent d’une voix commune lorsque vient le temps de la révéler et de la défendre.

Je ne dirais pas que cela se fait par consensusnuance toutefois Jean Boivin, gouverneur adjoint de la Banque du Canada et membre du conseil d’administration de 2010 à 2012.

Si les six membres ne sont pas d’accord, c’est le gouverneur qui décideraexplique-t-il, ajoutant que le patron de la banque centrale bénéficie d’un statut de premier parmi ses pairs.

Les désaccords entre les membres servent néanmoins à nuancer le discours du conseil dans les communications qui accompagnent ses décisions.

Ce message, dont chaque mot est scruté, est aux yeux de M. Boivin aussi important que la décision elle-même.

Les défis de se faire comprendre

Jean Boivin, aujourd’hui directeur général de Institut d’investissement BlackRockrappelle certaines décisions où la réaction des marchés financiers a surpris le conseil d’administration.

A l’époque, la banque centrale tentait de resserrer sa politique monétaire après avoir fait plonger son taux directeur lors de la crise financière de 2008, une situation qui n’est pas sans rappeler celle des derniers mois.

M. Boivin se souvient d’avoir eu une réunion d’urgence avec ses collègues pour recalibrer le message entre la publication du communiqué officiel et la conférence de presse, habituellement tenue une heure plus tard.

Nous pouvons augmenter les taux, mais cela peut conduire à des résultats complètement différents si les marchés comprennent un message autre que celui que nous avons réellement en tête.il a dit.

Faire passer un message à un public aux préoccupations et aux niveaux de littératie financière aussi divers reste un défi pour la Banque du Canada.

Tiff Macklem, lors d'une conférence de presse.

Chaque annonce sur le taux directeur est suivie d’une conférence de presse. (Image d’archive)

Photo : Reuters / PATRICK DOYLE

Le problème est que plus nous essayons d’être clairs avec les marchés financiers, plus il est difficile d’avoir une histoire simple qui permette aux Canadiens de comprendre les véritables justifications derrière (la politique monétaire).

Quatre fois par année, la Banque du Canada présente un rapport sur la politique monétaire en même temps que sa décision sur son taux directeur. Le document lui permet d’étayer davantage son évaluation de la situation économique canadienne.

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Depuis cette année, la banque centrale publie également un résumé des délibérations du conseil d’administration. (Nouvelle fenetre)une mesure qui vise à accroître la transparence de son processus décisionnel.

Malgré tout, M. Boivin estime que la Banque du Canada a eu du mal à justifier ses 10 hausses de taux depuis mars 2022, l’exposant aux critiques d’une partie de la population et de certains politiques.

La Banque du Canada : une tour d’ivoire ?

En septembre dernier, le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, et celui de l’Ontario, Doug Ford, ont exhorté le gouverneur de la Banque du Canada à ne pas augmenter à nouveau son taux directeur.

En point de presse, le premier ministre de l’Ontario a même accusé Tiff Macklem d’avoir tenté de tuer l’économie.

Portrait de Doug Ford lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a sévèrement critiqué le travail de la Banque du Canada. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Les membres du conseil d’administration sont-ils influencés par ces critiques ? Oui et nonrépond M. Beaudry.

La Banque du Canada essaie de prendre en compte ce qui se passe (au pays) et ce que pensent les Canadiens. (…) Les politiques sont l’une des voix qui s’expriment dans cette affaire, il faut donc voir s’ils (énoncent) des éléments raisonnables ou non.il ajoute.

A ses yeux, ces critiques illustrent avant tout l’importance de l’indépendance de la banque centrale.

Lorsque la situation (économique) devient difficile, il y aura des compromis à faire à long terme et à court terme.

Une institution comme la Banque du Canada tente de prendre en compte à la fois les coûts et les avantages à court terme, mais aussi ceux à long terme. Les politiques ont par nature (une vision) un peu plus à court termeplaide M. Beaudry.

Sans remettre en question la nécessité d’indépendance de la Banque, la sénatrice et économiste Diane Bellemare décrivait récemment au micro de Informations midi la Banque du Canada comme une institution repliée sur elle-même et dont les dirigeants sont déconnectés de la réalité.

Elle a notamment critiqué le manque de points de vue extérieurs dans la prise de décision en matière de politique monétaire.

En janvier dernier, la Banque du Canada a ajouté pour la première fois un membre à son conseil de direction gestionnaire non externe. La mesure visait à intégrer divers points de vue dans (le) processus décisionnel (de la Banque).

Portrait de Nicolas Vincent.

Nicolas Vincent a été nommé en janvier 2023 au poste de sous-gouverneur externe non exécutif à la Banque du Canada. En plus de son mandat au conseil d’administration, il est professeur d’économie à HEC Montréal.

Photo : Banque du Canada

L’initiative est loin d’être inhabituelle. Le comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre compte quatre membres externes parmi les neuf qui siègent à sa table de décision. La banque centrale de Nouvelle-Zélande compte trois de ses sept membres.

Les avantages et les inconvénients de la transparence

Avec la publication d’un résumé des délibérations du conseil d’administration, la Banque du Canada tente de rendre son processus décisionnel plus transparent.

Ces efforts sont salués par Paul Baudry qui souligne l’importance de présenter au public les dilemmes auxquels sont confrontés les membres du conseil.

Jean Boivin met toutefois en garde contre les dangers d’exposer publiquement les divergences d’opinion de ceux qui se retrouvent à la table des décisions.

Il évoque notamment l’exemple des Etats-Unis où le vote des membres du comité de politique monétaire est rendu public. Les membres partagent également leurs propres prévisions économiques et prononcent des discours dans lesquels ils présentent des opinions parfois opposées.

La Fed doit se réunir la semaine prochaine pour décider d'une nouvelle hausse des taux ou non.

Le comité de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine est composé de 12 membres, dont les sept membres du conseil des gouverneurs, le président de la Réserve fédérale de New York et quatre des 11 autres présidents des banques régionales. (Image d’archive)

Photo : Getty Images / Kevin Dietsch

Cela fait partie de la nature humaine de vouloir se démarquer en prenant une position plus prononcée. (…) Cela aide à attirer l’attentionnote l’économiste.

Cette dynamique crée dans certains cas plus de bruit que de clarté.

Et récemment, il y a déjà eu beaucoup de bruit autour des décisions de la Banque du Canada. La banque centrale actualisera sa politique monétaire mercredi matin.

Avec les informations de Philippe de Montigny

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