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Nouvelles canadiennes

Comment la chaleur tardive affecte les écosystèmes

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C’est un bouleversement silencieux, provoqué par un été qui s’est prolongé jusqu’à la mi-octobre. Après des températures records en septembre et début octobre, elles sont revenues à la normale ce week-end. Ce type d’épisodes de chaleur tardifs, favorisés par le réchauffement climatique, provoque des bouleversements au niveau de la faune et de la flore. D’autant qu’ils se doublent d’un déficit pluviométrique de 20% en moyenne en septembre et qu’il n’a quasiment pas plu depuis début octobre. La tendance est donc à l’assèchement des sols, explique Météo France dans un bulletin du jeudi 12 octobre.

Quelles sont les conséquences pour les arbres de ces températures plus élevées et du manque d’eau ? « À lui seul, ce type d’événement isolé aura peu d’impact, explique Serge Zaka, conférencier et consultant en agroclimatologie. Mais cela contribue à les fragiliser. Ils sont soumis à des stress hydriques répétés, provoqués par la sécheresse, et à des stress thermiques, année après année. » En revanche, dans les zones disposant de suffisamment d’eau, les conséquences de ces températures devraient rester limitées.

« Lorsque la chaleur n’est pas concomitante à la sécheresse, elle aura plutôt un effet favorable sur la photosynthèse (ou fixation du CO2) de l’arbre : l’arbre va retarder son entrée en dormance et la période de croissance s’allonge », explique Sylvain Delzon, chercheur en écophysiologie végétale à l’Institut national de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et à l’université de Bordeaux.

Mais cette situation favorable peut s’inverser très rapidement si les températures descendent en dessous de 0°C. « Le gel va alors tuer toutes les feuilles très vertes », poursuit le chercheur. L’arbre n’aura pas eu le temps de rapatrier les minéraux contenus dans ces feuilles vers les racines. Ceux-ci seront perdus. Conséquence : la croissance sera ralentie l’année suivante. Chez certaines espèces, comme les cerisiers, ces chaleurs tardives peuvent aussi produire une nouvelle floraison : au lieu de s’ouvrir au printemps prochain, le bourgeon aura produit une fleur à l’automne. Celui-ci sera donc « perdu » pour l’année suivante. Pour les arboriculteurs, la récolte risque d’être réduite.

Pour la migration des oiseaux, face à des signaux météorologiques brouillés, toutes les espèces n’adoptent pas la même «  stratégie « , selon le terme utilisé par les ornithologues. Le déclenchement de la migration dépend de la température, mais aussi de la réduction de la durée du jour. « Malgré la chaleur tardive, la majorité des espèces ont commencé leur migration, même si celle-ci a commencé plus tard que d’habitude », décrit Cédric Marteau, directeur du pôle protection de la nature de la Ligue pour la protection des oiseaux.

Pour d’autres en revanche, il est difficile de se lancer. C’est le cas de certains oiseaux aquatiques – comme les canards ou les oies – qui viennent habituellement de Scandinavie pour trouver des températures plus chaudes en France. En France, d’autres espèces  » ont choisi  » rester au pays. « L’année dernière, 130 cigognes ont passé l’hiver dans les marais de Rochefort » dit Cédric Marteau. Ces espèces deviennent donc sédentaires, et pourraient bien en bénéficier à condition que l’hiver reste doux. Mais comme pour les arbres, une soudaine vague de froid pourrait être fatale…

Autre conséquence des pluies qui se font attendre : le manque de recharge des milieux aquatiques dans les zones humides (marais, tourbières). « Il est encore trop tôt pour savoir si les chaleurs tardives de cet automne auront des conséquences sur la recharge du printemps », explique Cédric Marteau. Mais on observe à long terme une tendance à l’assèchement de certains milieux. Cela réduit la végétation et la disponibilité de nourriture et, par conséquent, nous assistons à des saisons de reproduction plus mauvaises que par le passé. »

Les insectes entrent en « hibernation » à l’approche de l’hiver pour se protéger du froid, un phénomène appelé diapause. Cependant, certains d’entre eux – comme les papillons – s’appuient sur les indications de température pour décider s’ils entreront en dormance à l’automne. Conséquence des chaleurs tardives : « Ils continueront à se nourrir et, en cas de baisse drastique des températures, ne pourront pas résister au froid », explique Sylvain Pincebourde, chercheur au CNRS.

Le risque est donc d’assister à certains phénomènes de mortalité massive. « Ce que l’on sait peu en revanche, c’est l’impact des potentielles réactions en cascade que ce type d’événement peut provoquer, au sein d’un écosystème. »

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