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Nouvelles canadiennes

Changement climatique : les investissements du Québec à l’étranger ont-ils un effet ?

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Alors que se tient à Montréal la conférence climatique Adaptation Futures, Québec promet 21 millions de dollars pour soutenir des projets de lutte contre le réchauffement climatique dans les pays en développement. Mais étant donné l’ampleur de la tâche, ces sommes peuvent-elles faire une différence ?

Le gouvernement Legault a annoncé lundi un versement de 10 millions de dollars au Fonds d’adaptation de la Convention-cadre des Nations Unies (CCNUCC). A ce montant s’ajoute le financement d’une quinzaine de projets d’adaptation climatique dans neuf pays francophones d’Afrique et des Antilles à hauteur de 11 millions de dollars, déjà prévu dans son Plan pour une économie verte 2030.

Les 15 projets sélectionnés seront réalisés en collaboration avec des organismes et établissements éducatifs québécois du Bénin, du Burundi, de la Guinée, d’Haïti, du Mali, du Maroc, du Sénégal, du Togo et de la Tunisie. Il s’agit de pays identifiés comme particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, précise le cabinet du ministre de l’Environnement, Benoit Charrette.

Il s’agit du quatrième appel à projets de ce programme qui compte aujourd’hui à son actif 37 initiatives dans 12 pays francophones d’Afrique et des Antilles.

Nous mettons à profit le savoir-faire québécois pour soutenir les pays et les communautés francophones qui en ont le plus besoin, tout en contribuant à l’atteinte des objectifs climatiques internationaux.

Trop peu pour faire pencher la balance

Cependant, lorsque l’on prend en compte l’ampleur des besoins d’adaptation climatique tant au pays qu’à l’étranger, ces 21 millions de dollars apparaissent comme une petite monnaie de la part d’un territoire riche comme le Québec, qui fait partie d’un des principaux producteurs de pétrole. pays, d’ailleurs.

Selon Catherine Houbart, directrice du Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME), les pouvoirs publics et les citoyens devront payer bien plus qu’ils ne le pensent pour faire face au changement climatique déjà en cours.

Les pluies torrentielles et les inondations sont de plus en plus fréquentes partout dans le monde, comme ici à Hong Kong le 8 septembre.

Photo : dpa via getty images / BERTHA WANG

Juste pour vous donner un exemple, chez GRAME, nous avons réalisé une activité de déminéralisation de 110 mètres carrés d’asphalte et l’installation de deux jardins pluviaux, pour récupérer l’eau de pluie, et un seul projet comme ça, ça a coûté 150 000$.

Onze millions pour 15 projets à l’étranger, ce n’est sûrement pas beaucoup.(…) Par contre, c’est quand même une responsabilité que le Québec prend envers la communauté internationale et qu’il n’est pas obligé de prendre.souligne le directeur du GRAME.

A l’issue de la COP26, à l’automne 2021, les experts de l’ONU estimaient les coûts annuels de l’adaptation au climat des pays en développement à 300 milliards de dollars en 2030 et 500 milliards en 2050 si les objectifs d’atténuation ne sont pas atteints d’ici là.

Leadership climatique

Le Québec est en effet l’une des rares provinces canadiennes, sinon la seule, à financer, à son propre compte, les efforts d’adaptation aux changements climatiques à l’étranger. Seuls quelques gouvernements intranational faites de même partout dans le monde, notamment en Écosse, en Wallonie et en Belgique.

Le Québec, en tant que nation autonome, assume un leadership qui peut être salué et ce projet est massivement financé par les bénéfices du marché de la Bourse du carbone, qui est une autre initiative québécoise.

Pour elle, il est important de ne pas négliger la valeur, même symbolique, de ces des projets concrets et l’effet d’entraînement qu’ils peuvent avoir dans les communautés soutenues, sans oublier le rayonnement international des organisations et institutions québécoises qui y participent.

Chez Greenpeace Canada, nous saluons également l’implication du Québec à l’étranger, notamment pour soutenir les pays en développement. qui sont ceux qui seront en première ligne face au changement climatiquesouligne Salomé Sané, responsable de la campagne climat.

Mais il faudra faire beaucoup plus, prévient-elle. Dix millions de dollars dans le fonds d’adaptation (CCNUCC) alors que les coûts annuels d’adaptation dans les pays en développement, selon l’ONU, sont estimés à 70 milliards de dollars américains… C’est un début, mais c’est largement insuffisantmaintient-elle.

Si le Québec veut être un véritable leader climatique, il faut vraiment mettre de l’argent sur la table.

Le Québec, qui fait également partie d’un pays polluant et exportateur de pétrole, a une responsabilité morale à assumer envers les pays en développement qui ont peu contribué au réchauffement climatique, rappelle Greenpeace Canada.

Des manifestants brandissent une banderole sur le campus de l'UQTR.

Les pays riches peuvent faire bien plus pour contrer les effets du changement climatique que les pays émergents ou en développement dont les ressources sont limitées ou détournées.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Payez votre juste part

Selon une projection du Réseau Action Climat réalisée en 2020, le va t’en que le Canada devrait verser aux pays en développement pour s’adapter aux changements climatiques équivaut à quatre milliards de dollars américains par année.

Cependant, avant de payer plus de quatre milliards de dollars par année à l’étranger, nos gouvernements, dont le Québec, ont encore beaucoup de devoirs à faire dans leur propre cour, diront certains.

C’est le cas de Catherine Houbart pour qui la vraie grande nouvelle qu’on attend du gouvernement du Québec et qu’il aurait été tout à fait approprié d’annoncer lors d’une conférence sur l’adaptation aux changements climatiquesc’est la conclusion du pacte vert que les communes réclament avec insistance pour faire face aux effets du changement climatique ici, sur leur territoire.

Une charité bien ordonnée commence à la maisondit le dicton.

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