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« Ce qui se passe au Soudan confine au mal absolu », prévient l’ONU

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Alors que les combats se poursuivent entre l’armée et les paramilitaires au Soudan, l’ONU a de nouveau dénoncé vendredi les violences contre les civils, les jugeant « à la limite du mal absolu ». L’organisation dénonce des violences sexuelles et des disparitions arbitraires mais s’inquiète également des attaques fondées sur l’appartenance ethnique dans la région du Darfour.

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Après sept mois de guerre et la récente intensification des combats entre l’armée et les paramilitaires, les violences au Soudan confinent au « mal absolu », a averti vendredi 10 novembre un responsable de l’ONU, s’inquiétant notamment des attaques fondées sur l’appartenance ethnique au Darfour.

« Nous ne cessons de dire que la situation est horrible et sombre. Mais franchement, nous sommes à court de mots pour décrire les horreurs qui se produisent au Soudan », a déclaré Clémentine Nkweta-Salami lors d’une conférence de presse. Coordonnateur humanitaire de l’ONU dans le pays.

« Nous continuons de recevoir des informations incessantes et effroyables faisant état de violences sexuelles et basées sur le genre, de disparitions forcées, de détentions arbitraires et de graves violations des droits de l’homme et des droits des enfants. »

« Ce qui se passe frise le mal absolu », a-t-elle jugé, faisant référence aux enfants « pris entre deux feux » ou aux petites filles violées devant leur mère.

Elle s’est également dite préoccupée par « des informations inquiétantes faisant état d’une escalade de la violence et d’attaques contre des civils, y compris une violence qui semble être fondée sur l’appartenance ethnique, au Darfour ».

Interrogée sur les risques d’une répétition du génocide du début des années 2000 dans cette région de l’ouest du Soudan, elle s’est dite « très inquiète ». « Nous continuons d’espérer que nous ne finirons pas sur le même chemin. »

« Il y a vingt ans, le monde était choqué par les terribles atrocités et violations des droits humains au Darfour. Nous craignons qu’une dynamique similaire ne se développe », a déclaré le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. , Filippo Grandi, dans un communiqué.

« La fin immédiate des combats et le respect inconditionnel de la population civile par toutes les parties sont essentiels pour éviter une nouvelle catastrophe », a-t-il ajouté.

Plus de 6 millions de déplacés

Selon le HCR, ces derniers jours, « plus de 800 personnes ont été tuées par des groupes armés à Ardamata, dans l’ouest du Darfour, une zone jusqu’ici moins touchée par le conflit ».

Ardamata abritait également un camp de personnes déplacées, où près de 100 abris ont été rasés, selon le HCR. Par ailleurs, de nombreux pillages, notamment d’articles de secours de l’organisation, ont eu lieu dans la région.

Le HCR s’est dit profondément alarmé par les informations faisant état de violences sexuelles, de torture, d’assassinats arbitraires, d’extorsion de civils et de ciblage de groupes ethniques, ainsi que par les informations selon lesquelles des milliers de personnes déplacées ont dû fuir un camp à El-Geneina.

L’organisation se prépare à un nouvel afflux de réfugiés au Tchad. Déjà, indique-t-elle, « ceux qui ont réussi à fuir les frontières arrivent en grand nombre », précisant que « plus de 8 000 personnes ont fui vers le Tchad voisin au cours de la seule semaine dernière – un chiffre probablement sous-estimé en raison des difficultés d’enregistrement des nouveaux arrivants ». .

Déclenchée le 15 avril, la guerre entre le chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, et les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) du général Mohamed Hamdane Dagloa, a fait plus de 9 000 morts, selon une estimation de l’ONG. Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), considéré comme largement sous-estimé.

Il a également détruit la plupart des infrastructures et déplacé plus de 4,8 millions de personnes à l’intérieur du Soudan et 1,2 million vers les pays voisins, selon le HCR.

Avec l’AFP

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