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Nouvelles canadiennes

Capter le CO2 dans l’air et l’enfouir : un mirage ou une solution d’avenir ?

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Il y a du vent et de la pluie ce matin sur la plaine volcanique de Hengill, à une demi-heure de Reykjavik, une température typiquement islandaise pour notre visite de ce qui est devenu une curiosité environnementale pour la planète entière.

C’est ici qu’Orca, la plus grande usine de captage direct de CO2 dans l’atmosphère du monde, est entré en service il y a deux ans. Il appartient à la société suisse Climeworks.

L’usine de captage de carbone Orca, de la société suisse Climeworks, est située à Ölfus, en Islande.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

L’installation n’est pas immense : des modules noirs avec ventilateurs à l’arrière contiennent des filtres qui captent le CO2 avant d’être chauffé à 100°C pour l’isoler.

Le gaz est ensuite acheminé dans des canalisations situées à quelques centaines de mètres, où il est mélangé à de l’eau et enfoui à deux kilomètres sous terre.

Elle est ensuite minéralisée en basalte, une roche volcanique poreuse qui abonde dans la région.

Un petit cylindre de pierre tenu par un employé de Carbfix.

Basalte contenant du CO2 minéralisé par le projet Carbfix, en Islande, avec lequel Climeworks a conclu un accord de partenariat.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Le CO2 ne représente que 0,04 % de l’atmosphère, c’est donc un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foinexplique Bryndis Nielsen, porte-parole de la société suisse Climeworks, spécialiste du captage du dioxyde de carbone dans l’air, à laquelle appartient l’usine Orca.

Ce processus est très gourmand en énergie. Orca doit aspirer et filtrer l’équivalent de 800 piscines olympiques d’air pour collecter une seule tonne de CO2.

Bien entendu, une source d’énergie renouvelable est nécessaire pour que l’opération soit bénéfique pour l’environnement. Ici, nous utilisons l’énergie géothermique produite par une immense centrale électrique située juste à côté.

Petit bâtiment métallique en forme de demi-sphère.

C’est dans ce bâtiment du projet islandais Carbfix que le dioxyde de carbone est séquestré sous terre.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Les quantités de C02 capturées sont minuscules : 4 000 tonnes par an. C’est près de 1 000 fois plus que ce que les arbres d’un même terrain pourraient capter, écrit l’entreprise sur son site Internet, mais cela reste encore très peu. C’est l’équivalent du CO2 produit annuellement par 400 Québécois et c’est à peu près ce que l’humanité produit en trois secondes.

Mais le jeu en vaut la chandelle, assure Mme Nielsen.

Pour l’instant, c’est petit, mais l’industrie est en croissance, explique-t-elle. Et cela doit être le cas si nous voulons atteindre nos objectifs climatiques.

Réduire nos émissions de GES ne suffira pas : il faudra aussi éliminer des milliards de tonnes de CO2 de l’atmosphère au cours des prochaines décennies.

Bryndis Nielsen devant l'usine Orca.

Le porte-parole de l’entreprise suisse Climeworks, Bryndis Nielsen, devant l’usine Orca à Ölfus, en Islande.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Climeworks est financé en partie par des entreprises comme Microsoft, qui souhaitent réduire leur empreinte carbone.

Il a l’ambition de capter des millions de tonnes de CO2 dans quelques années.

Il achève également la construction de son usine Mammoth, voisine d’Orca, censée être neuf fois plus performante.

Et une autre usine, financée en grande partie par le gouvernement américain, entrera également en service prochainement en Louisiane.

Québec, Eldorado du captage du CO2?

Un immense trou entouré de roche taillée est partiellement rempli d'eau.

L’immense trou laissé par la mine Jeffrey, à Val-des-Sources, en Estrie, pourrait retrouver une nouvelle vie.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

À 3 600 kilomètres au sud-ouest de Reykjavik, l’homme d’affaires Frédéric Lalonde contemple l’immense trou laissé par l’ancienne mine d’amiante Jeffrey à Val-des-Sources, anciennement appelée Asbestos, en Estrie.

C’est l’un des endroits qu’il convoite pour implanter une usine de captage du CO.2 comparable à Orca.

Co-créateur de l’application mobile de voyage Hopper, cet homme d’affaires a décidé d’investir une partie de sa fortune pour développer ce secteur. Et c’est au Québec qu’il pense réussir grâce à des ressources comme l’hydroélectricité.

Si l’on considère tous ces facteurs – l’eau, l’énergie, la géologie – il n’existe aucun autre endroit au monde où tous ces facteurs sont réunis. En fait, le Québec – et le Canada par extension – est l’Arabie Saoudite du retrait du CO2!

Portrait de Frédéric Lalonde.

Frédéric Lalonde, PDG et créateur de Hopper et co-fondateur de Deep Sky.

Photo : Hopper / Frédéric Duchesne

Il a donc fondé l’entreprise Deep Sky, qui a déjà reçu un premier montant d’Investissement Québec et qui serait sur le point de conclure une ronde de financement de 75 millions de dollars.

Frédéric Lalonde espère construire une dizaine d’usines de captage du CO au Québec2 dans l’air ou dans l’eau d’ici cinq à dix ans.

Présentement, nous regardons des sites à Rimouski, sur la Rive-Nord, l’ancienne raffinerie de l’est de Montréal également, qui est en cours de revitalisation. Nous aimons beaucoup Varennes. Ensuite, évidemment, on aime beaucoup Val-des-Sources et Thetford Mines en raison de la capacité de stockagesouligne M. Lalonde.

À Val-des-Sources, ce sont les montagnes de résidus miniers qui serviraient à minéraliser le dioxyde de carbone.

Son partenaire est Olivier Dufresne, PDG de la nouvelle société de séquestration du carbone Exterra.

Nous allons venir récupérer ces résidus. Nous les amènerons à notre usine qui sera située à proximité du puits et nous les traiterons. Le CO2 va venir se lier au magnésium qui est dans ces roches, cela va donc créer une nouvelle roche qui est un carbonate de magnésium. Ensuite, nous utiliserons cette roche pour remplir l’ancien puits minierexplique M. Dufresne.

Une usine de captage de carbone est entourée d'un parc avec un étang d'eau.

Capture d’une vidéo de présentation du projet Deep Sky Alpha.

Photo de : Ciel profond

La forte demande en énergie et les coûts d’exploitation élevés restent des freins à la multiplication de ce type de projets.

Les deux hommes le savent, mais ils estiment qu’avec l’évolution rapide de la technologie et l’intérêt croissant des gouvernements pour les projets de décarbonation, l’avenir leur sourit.

Le contexte économique de l’élimination du CO2 change complètement. C’est devenu un marché : ce sont quatre millions de tonnes qui ont été achetées, préachetées, avant même la construction des usines au cours des 12 derniers mois.

Quoi qu’il en soit, le consensus est que la capture du carbone présent dans l’air ne constitue qu’une petite partie de la solution. Cela ne doit en aucun cas faire oublier que l’humanité doit avant tout réduire ses émissions de carbone. GES.

Capter le CO2 dans l’air et l’enfouir : un mirage ou une solution d’avenir ?

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