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Nouvelles canadiennes

Accès à l’insuline : « Les créateurs seraient scandalisés »

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En 1923, les scientifiques canadiens qui ont découvert l’insuline ont renoncé à leur brevet pour 1 $, bien décidés à en faire un traitement accessible à tous les diabétiques. Mais un siècle plus tard, cette promesse est loin d’être tenue.

L’insuline n’appartient certainement pas au peuple. Elle appartient à trois grandes sociétés pharmaceutiques. (…) Je pense que les créateurs de l’insuline seraient scandalisésdit sans détour Kate Pidwerbecki.

La jeune femme de Portland, dans l’Oregon, vit avec le diabète de type 1 depuis 22 ans. Elle explique que la crainte de ne pas pouvoir payer ce traitement indispensable l’a poussée à souscrire une assurance privée coûteuse.

Encore une fois, entre l’assurance, l’insuline et d’autres nécessités, je dirais que cela me coûte plus de 2 000 $ US de ma poche chaque mois.elle dit.

Kate Pidwerbecki est diabétique de type 1 et directrice des opérations américaines pour T1 International.

Photo : Kate Pidwerbecki

Entre 2007 et 2018, le prix de certaines des insulines les plus courantes a triplé aux États-Unis.

En 2021, un Américain de moins de 65 ans sur cinq a déclaré avoir rationné son insuline au cours de l’année en raison des coûts.

Trois géants pharmaceutiques, Eli Lilly, Sanofi et Novo Nordisk, contrôlent 96 % de l’approvisionnement mondial en insuline.

À l’occasion du 100e anniversaire de l’attribution du prix Nobel à des scientifiques canadiens pour la découverte de l’insuline, Radio-Canada présente une série sur cette découverte qui a changé la vie de millions de personnes.

  • DEMAIN : Difficultés d’accès ailleurs dans le monde
  • MERCREDI : Un premier prix Nobel décerné à des Canadiens

De nombreux Canadiens dépendent de leur employeur

Au Canada, un comité fédéral exerce un certain degré de contrôle sur les prix des médicaments, et les prix y sont généralement plus bas. Mais même dans ce cas, certains Canadiens dépensent jusqu’à 20 % de leur revenu pour traiter leur diabète, selon une analyse de Diabète Canada.

La jeune femme est assise dans sa cuisine, avec une pompe, un stylo à insuline et d'autres outils pour gérer sa glycémie.

Linxi Mytkolli s’est efforcée de trouver un nouvel emploi peu de temps après avoir reçu un diagnostic de diabète afin de pouvoir payer son traitement.

Photo : Radio-Canada

Linxi Mytkolli, qui a reçu son diagnostic il y a trois ans, affirme que le type d’insuline qui lui convient le mieux n’est pas couvert par le régime public de l’Ontario.

Ses pompes, capteurs de glycémie et glucomètre ne sont que partiellement remboursés.

Il est impossible d’administrer de l’insuline sans glucomètre. Aujourd’hui, il est également très difficile d’utiliser l’insuline sans capteur de glucose, mais un capteur de glucose coûte 1 000 $ par mois.

J’ai vite réalisé que sans assurance privée, cela me coûtait une différence de 4 000 $ par mois. C’était un choix impossible : carrière ou traitement ?elle dit. J’ai dû accepter un travail qui n’était pas pour moi emploi de rêve mais où l’assurance était excellente.

Une main tient une bouteille d’insuline.

Au Canada, la couverture publique de l’insuline, des appareils de surveillance de la glycémie et des injections diffère selon les provinces et les territoires.

Photo : Radio-Canada

Ravjot Samra, également diabétique et membre de la section ontarienne de T1 International, a cessé d’être admissible à l’assurance de ses parents après son 25e anniversaire. Son traitement lui coûtait alors 1 500 $ par mois.

Si je n’avais pas eu le soutien de ma famille, je ne sais pas ce qui serait arrivé.confie-t-elle.

Elle bénéficie désormais d’une assurance grâce à son travail, mais souligne que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Parce que nous avons une mosaïque d’assurances publiques et privées (au Canada), tout dépend de l’endroit où vous habitez, de votre emploi et de vos revenus. En fonction de ces facteurs, il peut être extrêmement frustrant d’avoir accès à l’insuline.

Au Canada, de plus en plus de personnes atteintes de diabète nous font part des difficultés qu’elles rencontrent à payer leurs soins de santé. Nous prenons ce problème au sérieuxassure un porte-parole de Novo Nordisk.

L’entreprise affirme que les Canadiens à faible revenu peuvent obtenir de l’insuline gratuitement, notamment grâce à son programme de soins de compassion.

Un marché injuste, selonOMS

La promesse selon laquelle l’insuline appartiendrait au monde n’a pas été tenue. Aujourd’hui, au moins 30 millions de personnes ayant besoin d’insuline n’y ont pas accèspeut-on lire dans un rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2021.

Le rapport énumère une série de causes, notamment l’environnement de marché non compétitif, dominé par trois sociétés pharmaceutiques disposant d’un pouvoir considérable sur les prix, l’offre et la demande.

Le problème est particulièrement aigu dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, mais même au Canada ou aux États-Unis, il y a des gens qui n’ont pas accès ou qui n’ont pas la capacité financière de tout payer, qu’il s’agisse de l’insuline ou des tests diagnostiques.souligne le Dr Slim Slama, directeur des soins des maladies non transmissibles pour leOMS.

C’est là que les aspects de l’assurance maladie, de la couverture et des soins de santé sont essentiels.il ajoute.

L’expert estime également que les gouvernements devraient mieux encadrer les surtaxes et taxes diverses pouvant être appliquées aux médicaments, ou au moins faire preuve de transparence sur ce sujet.

Il se dit fortement encouragé de voir que le Canada a adopté l’année dernière un cadre national sur le diabète.

Le Pacte sur le diabète, quiOMS fondée avec le soutien du Canada en 2021, poursuit également sa mission de s’attaquer aux problèmes d’accès aux soins à l’échelle mondiale.

Des baisses de prix promises aux Etats-Unis

Un certain nombre de décès très médiatisés parmi les jeunes Américains qui rationnaient leur insuline ces dernières années ont conduit certains États à engager des réformes législatives.

Le Minnesota a donc adopté le La loi sur l’insuline abordable d’Alec Smith en 2020, en l’honneur du jeune homme de 26 ans décédé des suites d’une complication du diabète peu de temps après s’être retrouvé sans assurance.

Trois mois plus tard, Eli Lilly et Novo Nordisk annoncent chacun des baisses de prix allant jusqu’à 75 % pour certaines de leurs insulines aux États-Unis, à partir de janvier 2024.

Nous comprenons que certains patients ont des difficultés à payer leurs soins de santé, notamment l’insuline. C’est pourquoi Novo Nordisk s’engage à garantir un accès abordable aux insulines en réduisant le fardeau des coûts directs.

Pour autant, Kate Pidwerbecki, qui dirige les opérations américaines de T1 International, reste sceptique. Elle rappelle qu’Eli Lilly avait, dans le cadre de sa grande annonce, promis de proposer l’insuline Lispro à 25$ dès le 1er mai.

C’était une nouvelle passionnante, au débutelle dit.

Mais quand je suis allé à ma pharmacie pour voir si je pouvais me procurer de l’insuline à 25 $, on m’a dit qu’il n’y en avait pas en stock.

Personne ne pouvait lui dire quand cela aurait lieu. Une deuxième tentative, quelques semaines plus tard, s’est également révélée infructueuse.

Façade du siège pharmaceutique Eli Lilly.

Eli Lilly est l’une des trois sociétés qui contrôlent 96 % de l’approvisionnement mondial en insuline.

Photo : Associated Press / Darron Cummings

Je pense que nous voyons ces grandes annonces qui semblent beaucoup plus prometteuses et importantes que ce que vivent réellement les patients. (…) Si ce produit n’est pas disponible, il ne sauve pas des vies, il sauve Eli Lillyconclut Kate Pidwerbecki.

Dans un rapport publié en juillet, trois sénateurs américains, dont Elizabeth Warren, ont rapporté que même les pharmacies qui stockent du Lispro le proposent rarement au prix promis.

Dans les 332 pharmacies contactées pour leur rapport, le prix moyen au comptoir pour les patients sans assurance était de 97 dollars américains. Neuf pharmacies vendaient ce produit pour plus de 200 US$.

Eli Lilly n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada.

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