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Santé

A Quimper, « si l’Aide médicale de l’Etat n’existe plus, ce sera dramatique »

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À quoi sert concrètement l’Aide Médicale de l’État* ?

Pour soigner rapidement quelqu’un qui se retrouvera sur le territoire français en situation irrégulière, avec une pathologie grave, ou pas d’ailleurs. Au Centre de Santé Publique, nous traitons des patients séropositifs et nous voyons régulièrement des personnes qui découvrent leur séropositivité à leur arrivée dans la région et qui doivent être soignées rapidement. Nous avons aussi un accès permanent aux soins de santé (Pass) qui, en substance, soigneront des personnes qui n’ont aucun droit. Lorsqu’il s’agit de soigner un rhume, un mal de tête, nous avons un budget. Mais dès qu’il s’agirait de traitements un peu plus lourds, le budget du Pass exploserait. Il faut donc mettre en place cette aide médicale d’État pour pouvoir soigner correctement ces patients.

Cela signifie par exemple que nous n’aurions pas les moyens de traiter une personne dont nous savons qu’elle est séropositive parce que ces traitements sont encore relativement chers ; la personne n’a pas les moyens d’acheter son traitement. C’est donc une personne qu’on laisse avec ce virus, qu’on met forcément en danger. Et cela représente un gros risque de transmission de la maladie (…). Nous savons maintenant que lorsque nous traitons une personne séropositive, elle ne peut pas transmettre la maladie. Le VIH n’est qu’un exemple, mais il en existe d’autres, comme la tuberculose. Et je ne parle pas de ceux dont je ne m’occupe pas : on pense forcément au cancer.

Cela est contraire à tous nos principes en tant que soignants

Qu’est-ce qui vous a poussé à signer cette « déclaration de désobéissance médicale à la suppression de l’AME » ?

Nous vivons au quotidien avec ces patients qui arrivent en situation irrégulière ; on voit leur détresse, on voit ce qu’ils vivent. Cette année, nous avons eu coup sur coup deux jeunes femmes qui ont découvert leur séropositivité en arrivant sur le territoire français après un parcours migratoire terriblement éprouvant, ponctué de viols et de tortures. Leur dire que nous ne pouvons pas les soigner est incroyablement violent. Nous faisons déjà du mieux que nous pouvons sur les trois mois qu’il nous faudra attendre pour obtenir l’AME, mais si elle n’existe plus, ce sera dramatique. Cela va à l’encontre de tous nos principes en tant que soignants de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour soulager les maux des gens.

Pensez-vous que ces aides pourraient réellement disparaître ?

J’espère que non. Le ministère de la Santé a clairement fait savoir qu’il était contre. Et finalement, cela n’a pas grand-chose à voir avec le droit de l’immigration. Mais l’AME est attaquée depuis plusieurs années : les délais pour l’obtenir ont par exemple été rallongés… Il faut donc être très vigilant. Et ce qui est inquiétant, c’est qu’il y a un certain nombre de personnes qui sont contre cette AME… C’est facile de dire que les migrants coûtent cher alors qu’en fait, l’aide ne revient pas chère. Si elle disparaît, nous aurons des patients qui risquent de transmettre des maladies graves et qui risquent surtout de devenir extrêmement malades et qui coûteront bien plus cher à la société ; c’est un mauvais calcul.

* L’AME prend en charge intégralement les frais de santé des étrangers en situation irrégulière, présents en France depuis au moins trois mois. Le 7 novembre, le Sénat a adopté sa suppression, lors de l’examen du projet de loi sur l’immigration. L’Assemblée nationale examinera le texte à partir du 11 décembre. En attendant, de nombreux médecins s’opposent à une telle disparition, s’engageant à « continuer à soigner gratuitement les patients sans papiers, selon leurs besoins ».

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