Jannah Theme License is not validated, Go to the theme options page to validate the license, You need a single license for each domain name.
Nouvelles canadiennes

À Montréal, les rues attendent de nombreux migrants

[ad_1]

Le Village, à Montréal, est un quartier réputé pour être fréquenté par les plus vulnérables de la société. Cependant, de nouveaux visages sont venus s’ajouter aux habitués du quartier : des migrants venus d’Afrique, d’Amérique du Sud et d’ailleurs.

Plutôt que de se retrouver à la rue, ces demandeurs d’asile séjournent au Refuge de la Jeunesse, un centre d’accueil pour jeunes hommes âgés de 17 à 26 ans.

C’est le cas du Malien Sékou Doucouré et du Congolais Ange Mbonga Liamba, débarqués au Canada cet été. Les deux hommes, âgés d’une vingtaine d’années, sont arrivés dans le pays par avion, puis ont demandé l’asile. Leur statut leur donne accès à une couverture médicale et à une aide sociale, mais ils attendent toujours un permis de travail.

En attendant, il leur est difficile de trouver un toit, en pleine crise du logement dans la métropole. Comme les autres sans-abri, ils errent entre le refuge, la Grande Bibliothèque et les parcs environnants.

Selon un rapport publié en septembre, une personne sans abri sur dix au Québec est un migrant.

Au cours des dernières années, le personnel du Refuge pour Jeunes a dû développer des outils pour accompagner les demandeurs d’asile.

Ils m’ont aidé à demander de l’aide sociale. Ils m’ont aidé à faire des démarches pour trouver un avocat. Ils m’ont également aidé à faire les démarches pour (passer) les examens médicaux.

Le coordonnateur de l’intervention au Refuge jeunesse, Philippe Lacerte, constate que de plus en plus de migrants sonnent à la porte de son organisme. Rien qu’hier soir, nous avons reçu 41 jeunes. Dix-huit de ces jeunes sont issus d’une trajectoire migratoire, indique M. Lacerte. Un phénomène qu’il décrit assez fréquent depuis quelques mois.

Ange Mbonga Liamba, Sékou Doucouré et le coordonnateur d’intervention au Foyer Jeunesse, Philippe Lacerte

Photo : Radio-Canada

A l’approche de l’hiver, Philippe Lacerte craint de manquer de lits pour accueillir les usagers réguliers du refuge en plus des nouveaux arrivants.

Nous dépassons parfois nos capacités pour accueillir le plus de personnes possible. Cela pose des défis.

Près de 100 000 demandeurs d’asile

Entre janvier et septembre 2023, le Canada a reçu 96 450 demandes d’asile, soit 34 000 de plus qu’à la même date l’an dernier.

Un afflux historique qui engorge les infrastructures d’accueil, estime le directeur des opérations du Refugee Center, Kinan Swaid. Il s’agit du plus grand nombre de demandeurs d’asile dans l’histoire du Canada, souligne M. Swaid. Ce numéro a divers effets sur les infrastructures et le système d’accueil dont nous disposons au Québec. Et là, on peut parler directement du problème de l’itinérance pour les nouveaux arrivants qui n’arrivent pas à trouver un logement.

Kinan Swaid.

Kinan Swaid, directeur des opérations du Centre pour réfugiés

Photo de : Kinan Swaid

L’hébergement de première ligne du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA), qui compte 1 200 places à Montréal, a également atteint sa capacité maximale.

Le Groupement des Organismes d’Hébergement pour Personnes Migrantes (ROHMI), nouvellement créé, maintient que les critères d’accueil au centre d’hébergement d’urgence du PRAÏDA désavantager de nombreux nouveaux arrivants.

Dans une lettre, le ROHMI souligne que depuis la modification de l’Entente sur les tiers pays sûrs en mars, qui a entraîné la fermeture du chemin Roxham, un nombre sans précédent de demandeurs d’asile passent par la procédure d’asile interne, qui est différente de la procédure d’asile à l’arrivée.

Par conséquent, le groupe déplore que ces personnes, qui arrivent avec un visa de travail ou d’étudiant par exemple, et celles qui sont au Canada depuis plus de 10 jours se voient systématiquement refuser l’accès aux services d’hébergement des PRAÏDA et le gouvernement fédéral.

LE ROHMI demande donc au Québec d’améliorer ses services d’accueil de première ligne pour mieux s’adapter aux besoins de ces demandeurs d’asile. Le groupe rappelle que Montréal doit faire face à un nombre croissant de migrants vulnérables qui doivent se tourner vers des ressources pour personnes en situation d’itinérance, déjà saturées.

L’offre de services d’hébergement d’urgence pour les personnes sans abri reste insuffisante et ne peut en aucun cas être considérée comme une solution adéquate pour compenser le manque de réponses adaptées aux besoins des demandeurs d’asile.

Au nord et à l’ouest, même réalité

Loin du centre-ville, dans l’arrondissement de Montréal-Nord, la travailleuse sociale Kicha Estimée a fondé en 2020 le centre d’hébergement La Traverse, destiné aux nouveaux arrivants. Celui qu’on surnomme Mère Teresa du quartier est triste de devoir refuser des dizaines de personnes chaque jour.

Kicha et Woodmy Estimé.

Kicha et Woodmy Estimé

Photo : Radio-Canada / Vincent Resseguier

L’une de ses résidentes, Davline Léonard, récemment arrivée d’Haïti, incarne bien les difficultés que peuvent rencontrer les migrants.

J’étais chez une amie, et cette amie ne pouvait plus me surveiller car son fiancé rentrait à la maison, raconte-t-elle. J’avais peur de me retrouver dans la rue parce que je n’avais pas encore l’argent pour louer mon propre appartement.

Davline Léonard.

Davline Leonard, récemment arrivée d’Haïti, a été accueillie au Centre d’hébergement La Traverse.

Photo : Davline Léonard

Tout comme le Centre d’hébergement jeunesse du Village, la Mission Bon Accueil accueille de plus en plus de migrants dans son pavillon Macaulay, situé à l’ouest de l’île.

Le nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés qui s’y sont présentés a plus que doublé au cours de l’année écoulée, passant de 35 en septembre 2022 à 80 pour la même période cette année.

Un dortoir leur est désormais réservé, explique sa coordinatrice, Féquière Désir. Nous ne pouvons en accueillir que neuf, mais il y a plus de demandeurs d’asile dans le bâtiment (…) car on ne peut pas réserver deux ou trois dortoirs aux demandeurs d’asileil explique.

Récemment, une femme enceinte de 31 semaines est arrivée chez nous. Finalement, nous avons réussi à trouver un partenaire qui a pris soin d’elle.

Leur cohabitation avec d’autres personnes en situation d’itinérance pourrait potentiellement nuire à leur intégration sociale, s’inquiète le président-directeur général de l’organisme, Sam Watts.

Nous devons vraiment les aider à (trouver) rapidement un logement permanent, dit-il. Si nous n’y parvenons pas, ils risquent de tomber dans la toxicomanie ou dans d’autres problèmes avec les personnes qui sont déjà dans notre service.

Sam Watts, debout et tenant un microphone.

Sam Watts, PDG de Mission Bon Accueil

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Kicha Estimé déplore que, dans un contexte de pénurie de logements et de hausse des loyers, les migrants soient confrontés à des traitements abusifs de la part de certains propriétaires.

Lorsqu’ils apprennent que la personne est demandeuse d’asile, il semble qu’ils augmentent le loyer. Ensuite (les demandeurs d’asile) sont mal informés, car dans leur pays, ils paient le loyer à l’année, alors qu’ici, c’est au mois.

En revanche, cette population jouit d’une bonne réputation auprès des propriétaires, souligne Féquière Désir. Ils veulent des gens plus calmes, des gens qui ne consomment pas, et souvent, les demandeurs d’asile ou les réfugiés ne consomment pas, donc on peut les envoyer dans différents endroits.note-t-il.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec affirme avoir dépensé plus de 32 millions de dollars pour héberger temporairement des demandeurs d’asile en 2022 et 2023.

Selon le ministère, le gouvernement fédéral doit désormais s’occuper des besoins excédentaires d’accueil des migrants.

[ad_2]

Gn Ca local

Back to top button