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Nouvelles canadiennes

A l’Ouest, l’extrême droite monte en puissance

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Raunheim (Hesse)

De notre envoyé spécial

La salle municipale de Raunheim est presque pleine. Dans l’après-midi du samedi 23 septembre, à l’approche des élections dans le Land de Hesse du dimanche 8 octobre, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) organise une réunion publique. Dans son costume gris clair, Robert Lambrou, tête de liste, ouvre le bal avec un discours de deux heures devant 80 personnes engagées à sa cause. « Nous sommes la dernière chance pour que l’Allemagne ne perde pas ses valeurs, sa culture et son identité. » dit cet élu régional aux cheveux dégarnis. « Le 8 octobre, nous entrerons à nouveau au Parlement régional, non seulement pour parler mais pour gouverner. » ajoute-t-il en lisant ses notes. Dans la salle, le public applaudit frénétiquement aux thèmes de l’immigration et des questions de genre.

La situation ne semble jamais avoir été aussi favorable à l’AfD, au niveau national – où elle est créditée de 21 % des intentions de vote – mais aussi à l’ouest du pays, jusqu’ici moins sensible à ses sirènes que ses bastions de l’Est. Il dépasse les 20 % de soutien dans le Bade-Wurtemberg, région frontalière avec la France. En Hesse, il est un cran plus bas avec 15 à 17% d’intentions de vote, mais il talonne de peu les écologistes et les sociaux-démocrates. Une confirmation aux urnes dimanche 8 octobre marquerait son meilleur score dans cette région relativement aisée, cœur financier de l’Allemagne. «Si l’AfD parvient à s’implanter en Hesse, ce sera la preuve qu’elle n’est pas seulement un phénomène est-allemand mais une force politique nationale stable. Ce sera un signal fort à l’approche des élections européennes. » commente Benno Hafeneger, de l’Université de Marburg. Ce serait aussi un symbole dans une région qui a vu naître l’AfD en 2013, en pleine crise financière européenne, par des eurosceptiques déçus de la démocratie chrétienne d’Angela Merkel.

Dix ans plus tard, l’AfD est représentée au Bundestag, au Parlement européen, dans presque tous les parlements régionaux et au niveau municipal. Antimusulman, anti-immigration et eurosceptique, il s’est radicalisé au point d’être mis sous surveillance par les services de renseignement, même si certaines fédérations observent une ligne plus modérée. « Le contexte de crises multiples et l’insécurité liée à l’immigration, à l’inflation et à la guerre en Ukraine ajoutent de l’eau à son moulin. L’AfD n’a pas besoin de dire quoi que ce soit pour voir son score augmenter.» note Benno Hafeneger.

Malgré la percée attendue, sa participation gouvernementale en Hesse n’est pas pour demain, compte tenu du front commun observé par les autres partis. A Raunheim, samedi 23 septembre, chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, écologistes, libéraux et gauche radicale participent à un contre-rassemblement visant l’AfD. « Depuis que je suis élu au Parlement régional, j’ai vu à quel point ce parti diffame les réfugiés, les transsexuels et tous ceux qui ont une opinion différente du sien », commente la députée chrétienne-démocrate Sabine Bächle-Scholz. En Hesse, son parti, la CDU, donné vainqueur dans les sondages, pourrait continuer à gouverner avec les écologistes après les élections de dimanche. Mais le spectre de l’AfD plane à mesure que la direction nationale de la CDU accroît ses attraits auprès des électeurs d’extrême droite. Le 27 septembre, son président Friedrich Merz a dénoncé les 300 000 demandeurs d’asile qui n’avaient pas été expulsés et « se faire faire les dents » alors que «Les citoyens allemands d’à côté n’ont pas de rendez-vous» chez le dentiste.

Dans la salle communautaire de Raunheim, ce type de déclaration réconforte les partisans de l’AfD. « Il est temps qu’on nous donne l’opportunité de mettre nos idées en pratique. » dit Maria, une électrice, plus convaincue que jamais.

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